Placement à intérêt composé : calcul, durée, frais et fiscalité
La réponse courte
Un placement à intérêt composé ajoute ses intérêts au capital, qui en produit à son tour : chaque année, le gain porte sur une base plus large. Le Livret A capitalise ses intérêts au 31 décembre, le fonds en euros chaque année, un ETF de capitalisation en réinvestissant ses dividendes. L'effet grandit avec la durée, mais les frais, l'impôt prélevé en cours de route et les pertes le réduisent.
À retenir
- Le Livret A et le LDDS ajoutent leurs intérêts au capital une fois par an, au 31 décembre, et ces intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : leur capitalisation n'est pas amputée.[Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 11]
- La « règle de 72 », que certains arrondissent à 70, donne selon La finance pour tous une méthode de calcul rapide du temps de doublement d'un capital.[La finance pour tous (IEFP), 9]
- Sur un fonds en euros, les intérêts annuels s'ajoutent au capital, mais les prélèvements sociaux, en principe de 17,2 %, y sont retenus chaque année ; sur les unités de compte, ils ne sont dus qu'au rachat.[Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 3]
- Un ETF de capitalisation réinvestit automatiquement les dividendes, ce que l'AMF associe à l'effet « boule de neige » des intérêts composés ; un ETF de distribution les verse.[Autorité des marchés financiers (AMF), 5]
- Selon l'AMF, les performances d'un fonds d'investissement (OPC) ne sont jamais garanties et il n'existe pas de rendement élevé garanti : la capitalisation s'applique aussi aux pertes.[Autorité des marchés financiers (AMF), 6][Autorité des marchés financiers (AMF), 7]
Un placement à intérêt composé n'est pas un produit à part : c'est une façon dont les gains se calculent, en restant investis pour produire à leur tour des gains. Ce guide explique le mécanisme et sa formule, la façon dont le Livret A, le fonds en euros et les ETF l'appliquent, puis ce qui le freine : frais, impôt, pertes et retraits. Il complète le guide du meilleur placement, qui compare les familles de placements, et ne cite ni ne classe aucun produit.
Qu'est-ce qu'un placement à intérêt composé ?
Un placement est à intérêt composé lorsque ses intérêts, une fois acquis, s'ajoutent au capital et rapportent eux-mêmes des intérêts. Service Public le décrit pour l'assurance vie : les versements produisent des intérêts ou des plus-values qui sont réinvestis sur le contrat et produisent à leur tour de nouveaux gains [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1].
Définition : Intérêts composés
Intérêts calculés sur le capital de départ augmenté des intérêts déjà acquis et ajoutés au capital, par opposition aux intérêts simples, calculés sur le seul capital de départ.
Le mot qui compte est « ajoutés ». Des intérêts versés sur un compte courant, ou dépensés, ne rapportent plus rien. Pour le Livret A, Service Public précise que les intérêts ajoutés au capital en fin d'année produisent à leur tour des intérêts l'année suivante [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2]. L'AMF parle d'effet « boule de neige » à propos des ETF qui réinvestissent leurs dividendes [Autorité des marchés financiers (AMF), 5].
Cet effet est pourtant mal perçu. Selon une étude de l'AMF, la « puissance » des intérêts composés est méconnue des épargnants, qui raisonnent année par année sans comprendre l'effet de la capitalisation [Autorité des marchés financiers (AMF), 8]. D'une année sur l'autre, l'écart avec des intérêts simples paraît minime : il se creuse surtout avec le temps.
Intérêts simples ou intérêts composés : quelle différence ?
Avec des intérêts simples, chaque année rapporte le même montant, calculé sur le capital de départ. Avec des intérêts composés, chaque année rapporte un peu plus que la précédente, parce que la base de calcul inclut les intérêts déjà capitalisés. À taux égal, l'écart est nul la première année, puis il s'élargit d'année en année.
Quels placements capitalisent leurs intérêts ?
Les livrets réglementés, le fonds en euros d'une assurance vie et les ETF de capitalisation laissent leurs gains travailler, mais pas au même rythme ni avec la même fiscalité. Le tableau résume ce que disent les sources officielles.
Faites défiler le tableau horizontalement →
| Placement | Quand les gains rejoignent le capital | Prélèvements en cours de route |
|---|---|---|
| Livret A et LDDS | au 31 décembre, intérêts calculés par quinzaines entières [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 11] | aucun : intérêts exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 11] |
| Fonds en euros (assurance vie) | intérêts annuels ajoutés au capital [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1] | prélèvements sociaux retenus chaque année [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1] |
| Unités de compte (assurance vie) | gains réinvestis sur le contrat [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1] | prélèvements sociaux dus au rachat seulement [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1] |
| ETF de capitalisation | dividendes réinvestis automatiquement par le fonds [Autorité des marchés financiers (AMF), 5] | selon l'enveloppe qui détient l'ETF |
| ETF de distribution | dividendes versés, réinvestis seulement si l'épargnant les replace [Autorité des marchés financiers (AMF), 5] | selon l'enveloppe qui détient l'ETF |
| PEA bancaire (actions européennes, fonds éligibles) | gains réalisés et réinvestis dans le plan, exonérés tant qu'ils y restent [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 12] | au retrait : prélèvements sociaux, et impôt sur le revenu sauf après la 5e année [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 12] |
| Livret bancaire, compte à terme | selon le contrat ; compte à terme : aucun intérêt en cas de retrait anticipé [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 13] | intérêts imposables : 12,8 % d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au prélèvement forfaitaire unique [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 4] |
Sur le Livret A, le calcul se fait le 1er et le 16 de chaque mois, et seules les sommes placées par quinzaines entières produisent des intérêts [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2]. Les intérêts de l'année ne rejoignent le capital qu'au 31 décembre [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2] : la capitalisation est annuelle, même si le calcul est bimensuel. Les dates de valeur d'un dépôt ou d'un retrait sont détaillées dans le guide des intérêts du Livret A.
Sur un fonds en euros, l'assureur verse des intérêts annuels qui s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts, en contrepartie d'une garantie en capital et d'un faible rendement [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1]. Le fonctionnement du contrat est décrit dans le guide du contrat d'assurance vie.
Pour un ETF, tout dépend de la politique du fonds : l'ETF de capitalisation réinvestit lui-même les dividendes, l'ETF de distribution les verse aux investisseurs [Autorité des marchés financiers (AMF), 5]. Le choix entre les deux, et sa fiscalité selon l'enveloppe, sont traités dans le guide des ETF avec dividendes. Dans un PEA, qui permet de détenir des actions d'entreprises européennes et des fonds investis à plus de 75 % en actions, les gains réalisés et réinvestis dans le plan sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 12] ; au retrait, les gains supportent les prélèvements sociaux, et l'impôt sur le revenu sauf après la 5e année [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 12].
Un livret bancaire rapporte un taux fixé par la banque, qui peut varier dans le temps ; un compte à terme bloque les fonds jusqu'au terme, sans intérêts en cas de retrait anticipé [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 13]. Leurs intérêts sont imposables [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 4]. Le guide du livret d'épargne compare livrets réglementés et bancaires.
Pourquoi l'impôt et les frais freinent-ils la capitalisation ?
Tout ce qui sort du placement en cours de route cesse de produire des intérêts. Un impôt ou des frais prélevés chaque année réduisent donc la base qui se capitalise, et pas seulement le gain final.
Les intérêts du Livret A et du LDDS sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 11] : leur capitalisation n'est pas amputée. Sur un contrat d'assurance vie, les prélèvements sociaux sont retenus chaque année sur les intérêts des supports en euros, et seulement au rachat sur les unités de compte [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1]. Leur taux est en principe de 17,2 % [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 3].
Les frais jouent de la même façon. Les frais de gestion d'un ETF sont déduits de ses performances [Autorité des marchés financiers (AMF), 5], et la rentabilité d'un contrat d'assurance vie dépend aussi des frais appliqués par l'assureur [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1] : chaque point de frais retranché du taux se capitalise comme un point de rendement en moins. Le guide du simulateur d'ETF chiffre cet écart sur un exemple.
Pour un livret bancaire ou un compte à terme, les intérêts sont imposables ; sans choix du barème, ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, constitué de 12,8 % d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 4].
Les intérêts composés jouent-ils aussi sur les pertes ?
Oui. La capitalisation amplifie les variations, à la hausse comme à la baisse : une perte réduit la base sur laquelle les gains suivants sont calculés. Selon l'AMF, la plupart des fonds présentent un risque de perte en capital et leurs performances ne sont jamais garanties [Autorité des marchés financiers (AMF), 6].
La durée n'efface pas ce risque. Dans son étude sur l'épargne de long terme, l'AMF estime que la pédagogie doit montrer que même avec le temps, le risque de perte n'est pas nul [Autorité des marchés financiers (AMF), 8]. Elle rappelle aussi que l'épargne liquide et garantie ne garantit pas de maintenir le pouvoir d'achat de l'épargne [Autorité des marchés financiers (AMF), 8] : un capital qui grandit en euros peut perdre en pouvoir d'achat si les prix montent plus vite que son taux.
Versements réguliers : pourquoi la durée compte
Des versements réguliers capitalisent chacun à partir de leur date : les premiers ont le plus de temps pour produire des intérêts. L'AMF relève qu'un épargnant qui dispose d'un horizon long et réalise un investissement régulier, en faisant preuve de patience et de persévérance, augmente ses chances d'atteindre ses objectifs financiers [Autorité des marchés financiers (AMF), 8].
Viser un revenu mensuel à partir d'un capital pose une autre question, celle du rendement durable du placement : le guide pour investir son argent l'aborde sur hypothèses, sans promesse.
Simuler l'effet des intérêts composés avec PREVEST
Le simulateur PREVEST part d'un montant initial, d'une durée, d'un versement mensuel, d'une option de réinvestissement des dividendes et d'une option de fiscalité [PREVEST, 10]. Il permet de comparer jusqu'à cinq placements, choisis parmi les familles assurance vie, SCPI, ETF et livrets [PREVEST, 10]. Lancer une simulation montre, sur les mêmes hypothèses, l'écart entre placements au bout de la durée choisie.
Questions fréquentes
Quel est un bon rendement en bourse ?
Aucun niveau n'est bon dans l'absolu. Selon l'AMF, il n'existe pas de rendement élevé garanti, et espérer un rendement plus élevé suppose d'accepter plus de risques. Les chances d'obtenir un bon rendement augmentent en principe avec la durée de détention, mais cela dépend du produit. Un rendement se juge donc avec une durée et un risque, jamais seul.[Autorité des marchés financiers (AMF), 7]
Quel est le meilleur placement sans risque en 2026 ?
Aucun placement n'est le meilleur pour tous. Parmi les placements sans risque de perte en capital, le Livret A rapporte 1,7 % par an du 1er août 2026 au 31 janvier 2027, net d'impôt et de prélèvements sociaux, et ses intérêts rejoignent le capital au 31 décembre. Les autres options sans risque, et leurs plafonds, sont comparées dans le guide du meilleur placement.[Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2]
Un ETF de distribution profite-t-il des intérêts composés ?
Seulement si les dividendes versés sont replacés. Un ETF de capitalisation réinvestit automatiquement les dividendes ; un ETF de distribution les verse aux investisseurs, qui peuvent les réinvestir eux-mêmes pour en profiter, en supportant des frais de courtage à chaque achat de parts.[Autorité des marchés financiers (AMF), 5]
Pourquoi les intérêts composés sont-ils sous-estimés ?
Selon une étude de l'AMF, la « puissance » des intérêts composés est méconnue des épargnants, qui raisonnent année par année sans comprendre l'effet de la capitalisation. D'une année sur l'autre, l'écart avec des intérêts simples paraît négligeable ; c'est sur une longue durée que les intérêts déjà acquis produisent une part importante des gains.[Autorité des marchés financiers (AMF), 8]
Quelle est la formule pour calculer les intérêts d'un placement ?
Pour des intérêts composés, valeur finale = capital × (1 + taux)^n, où n est le nombre de périodes de capitalisation et le taux celui de la période ; pour des intérêts simples, valeur finale = capital × (1 + taux × n). Le calcul suppose un taux constant, net des frais et des prélèvements opérés en cours de route ; or les performances d'un fonds d'investissement ne sont jamais garanties.[Autorité des marchés financiers (AMF), 5][Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1][Autorité des marchés financiers (AMF), 6]
Articles connexes
Passer à votre propre calcul
Sources
- 1. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Contrat d'assurance-vie : fonctionnement (Source officielle, publié le 25 septembre 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 2. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Livret A (Source officielle, publié le 1 août 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 3. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ? (Source officielle, publié le 15 avril 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 4. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Revenus de placements : quelle imposition ? (Source officielle, publié le 15 avril 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 5. Autorité des marchés financiers (AMF) — Ce qu'il faut savoir sur les ETF avant d'investir (Source officielle, publié le 11 juin 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 6. Autorité des marchés financiers (AMF) — Ce qu'il faut savoir sur les placements collectifs (fonds et sicav) (Source officielle, publié le 26 mars 2025, consulté le 28 octobre 2026)
- 7. Autorité des marchés financiers (AMF) — Connaissez-vous vraiment les risques des différents placements financiers ? (Source officielle, publié le 23 septembre 2024, consulté le 28 octobre 2026)
- 8. Autorité des marchés financiers (AMF) — Stimuler la diversification de l'épargne de long terme en actions (étude de l'Observatoire de l'épargne, fin de rédaction le 30 novembre 2021) (Source officielle, publié le 30 novembre 2021, consulté le 28 octobre 2026)
- 9. La finance pour tous (IEFP) — Calculer le taux de rendement d'un placement grâce à la règle d'Einstein (Source secondaire, publié le 13 janvier 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 10. PREVEST — Simulateur PREVEST — fonctionnement du configurateur (Donnée PREVEST, consulté le 28 octobre 2026)
- 11. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Livret de développement durable et solidaire (LDDS) (Source officielle, publié le 1 août 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 12. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Plan d'épargne en actions (PEA) (Source officielle, publié le 22 mai 2026, consulté le 28 octobre 2026)
- 13. Service Public (Direction de l'information légale et administrative) — Comptes et livrets d'épargne : quelles différences ? (Source officielle, publié le 1 août 2026, consulté le 28 octobre 2026)
Comment calculer des intérêts composés ?
La valeur d'un capital placé à intérêt composé s'obtient en le multipliant par (1 + taux) autant de fois qu'il y a de périodes de capitalisation : valeur finale = capital × (1 + taux)^n, où n est le nombre de périodes. Le taux est celui de la période : un taux annuel pour une capitalisation annuelle. Pour des intérêts simples, la formule devient : valeur finale = capital × (1 + taux × n).
Trois précautions rapprochent le calcul de la réalité. Le taux doit être net des frais, puisque les frais de gestion d'un ETF sont déduits de ses performances [Autorité des marchés financiers (AMF), 5]. Il doit tenir compte des prélèvements opérés en cours de route, comme les prélèvements sociaux retenus chaque année sur les intérêts d'un fonds en euros [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 1]. Enfin, la formule suppose un taux constant, alors que le taux du Livret A est fixé pour une période donnée et que les performances d'un fonds d'investissement (OPC) ne sont jamais garanties [Service Public (Direction de l'information légale et administrative), 2][Autorité des marchés financiers (AMF), 6].
La règle de 72 : estimer le temps de doublement
Pour estimer le temps qu'il faut à un capital pour doubler, La finance pour tous présente la « règle de 72 », que certains arrondissent à 70 : diviser 72, ou 70, par le taux annuel exprimé en pourcentage donne une méthode de calcul rapide du doublement [La finance pour tous (IEFP), 9]. C'est une approximation, qui suppose elle aussi un taux constant et des intérêts laissés sur le placement.