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Arbitrage assurance vie : définition, frais, impôt et risque

Par Publié le Catégorie Assurance-vieassurance-viearbitrageepargne

La réponse courte

Un arbitrage en assurance vie déplace tout ou partie de l'épargne d'un support à un autre, par exemple du fonds en euros vers des unités de compte, dans un contrat multisupport. Il change la répartition et donc le risque du contrat. Il peut être facturé, au forfait ou en proportion des sommes transférées. Tant que rien n'est retiré, l'impôt sur le revenu ne s'applique pas aux gains.

À retenir

  • Selon Service Public, un arbitrage déplace tout ou partie de l'épargne d'un support vers un autre, du fonds en euros vers des unités de compte ou d'une unité de compte vers d'autres, dans un contrat multisupport.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]
  • Service Public décrit 2 modes de gestion : en gestion libre, le souscripteur décide seul de ses supports ; en gestion pilotée, l'assureur applique une stratégie selon un profil prudent, équilibré ou dynamique.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]
  • Les frais d'arbitrage, propres aux contrats multisupports, se prélèvent sur les sommes transférées ; ils sont forfaitaires ou proportionnels à ces sommes.[Autorité des marchés financiers (AMF), 2][Service-public.gouv.fr (DILA), 1]
  • Selon impots.gouv.fr, l'impôt sur le revenu ne frappe les gains d'une assurance vie qu'au moment d'un rachat, partiel ou total, ou de la clôture du contrat ; avant, rien n'est dû à ce titre.[impots.gouv.fr (DGFiP), 3]
  • Seul le nombre d'unités de compte est garanti par l'assureur, pas leur valeur ; la valeur des sommes placées sur le fonds en euros est garantie par l'assureur.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]

Un contrat d'assurance vie multisupport ne fige pas la répartition choisie à la souscription : l'épargne peut passer d'un support à l'autre en cours de route. Cette opération porte un nom, l'arbitrage. Ce guide explique ce qu'elle recouvre, qui peut la décider, ce qu'elle coûte, pourquoi elle ne déclenche pas d'impôt sur le revenu tant que rien n'est retiré, et ce qu'elle change au risque du contrat. Il ne dit pas quand arbitrer : aucun moment de marché n'est présenté ici comme favorable.

Qu'est-ce qu'un arbitrage en assurance vie ?

Définition : Arbitrage

Opération par laquelle une partie ou la totalité de l'épargne placée dans un contrat d'assurance vie passe d'un support d'investissement à un autre, par exemple d'un fonds en euros vers une unité de compte, ou d'une unité de compte vers d'autres [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Selon Service Public, l'arbitrage modifie la répartition de la valeur de rachat d'un contrat multisupport [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Il suppose donc un contrat où plusieurs supports cohabitent ; un contrat monosupport n'offre qu'un seul support d'investissement [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Service Public cite trois supports : le fonds en euros, les unités de compte et le fonds euro-croissance [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

En pratique, l'arbitrage sert à ajuster la rémunération attendue du contrat en changeant la part de chaque support [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. L'AMF le range parmi les options de gestion de l'assurance vie, à côté des versements programmés et de la sécurisation des gains [Autorité des marchés financiers (AMF), 2].

Arbitrage libre, piloté, sous mandat ou par option : qui décide ?

Service Public distingue 2 modes de gestion. En gestion libre, le souscripteur sélectionne seul ses supports, sans mandat de gestion confié à l'assureur, et peut à tout moment demander à passer en gestion pilotée [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. En gestion pilotée, l'assureur propose une stratégie d'investissement correspondant à un profil, prudent, équilibré ou dynamique [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

L'AMF parle, elle, de gestion déléguée lorsque la répartition des actifs est confiée à l'intermédiaire selon un profil de risque déterminé au préalable [Autorité des marchés financiers (AMF), 2]. D'autres options de gestion, comme la sécurisation des gains, sont citées par l'AMF sans détail sur leur fonctionnement [Autorité des marchés financiers (AMF), 2] : leurs règles exactes figurent dans chaque contrat.

Qui décideComment l'arbitrage se faitRepère officiel
Le souscripteuril choisit les supports et demande lui-même chaque arbitragegestion libre, sans mandat de gestion à l'assureur
L'assureuril répartit l'épargne selon le profil retenugestion pilotée : profil prudent, équilibré ou dynamique
Un mandataireil arbitre au nom du souscripteur, dans le cadre d'un mandatdepuis le 24 octobre 2024, régime du code des assurances et statut d'intermédiaire
Une option du contratl'arbitrage suit les modalités prévues par le contratoptions de gestion citées par l'AMF, dont la sécurisation des gains, sans détail

Source : [Service-public.gouv.fr (DILA), 1][Autorité des marchés financiers (AMF), 5][Autorité des marchés financiers (AMF), 2]

En gestion pilotée, chaque profil impose une part minimale de supports à faible risque. Pour un profil prudent, elle est d'au moins 50 %, abaissée à 30 % si l'horizon de placement dépasse 10 ans ; pour un profil équilibré, d'au moins 30 %, ou 20 % au-delà de 10 ans ; pour un profil dynamique, d'au moins 20 %, ou 10 % au-delà de 10 ans [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Les profils équilibré et dynamique comprennent aussi une part de versements en non coté, au minimum 4 % et 8 % [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Le mandat d'arbitrage a son propre cadre : pour les mandats conclus à compter du 24 octobre 2024, ou renouvelés tacitement depuis cette date, l'activité relève des articles L. 132-27-3 et L. 132-27-4 du code des assurances, qui exigent notamment le statut d'intermédiaire d'assurance [Autorité des marchés financiers (AMF), 5]. L'AMF la distingue juridiquement de la gestion de portefeuille pour le compte de tiers [Autorité des marchés financiers (AMF), 5].

Combien coûte un arbitrage ?

Un contrat peut prélever des frais d'arbitrage, propres aux contrats multisupports, calculés sur les sommes transférées lors d'un changement de répartition [Autorité des marchés financiers (AMF), 2][Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Service Public précise leur forme : un forfait, ou un montant proportionnel aux sommes déplacées [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. À l'image de tous les frais facturés par l'assureur, ils réduisent la valeur des fonds investis [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Dans sa fiche pédagogique sur les frais des placements financiers, l'AMF rappelle que les fonds logés en unités de compte supportent leurs propres frais, auxquels s'ajoutent les frais de gestion annuels du contrat et, si l'épargne passe d'un support à l'autre, des frais d'arbitrage ; elle met en garde contre l'empilement des frais, notamment en assurance vie [Autorité des marchés financiers (AMF), 4]. Le détail des frais de chaque opération, arbitrage compris, figure dans la brochure tarifaire et la documentation du produit [Autorité des marchés financiers (AMF), 4].

Aucune des sources officielles lues ne fixe de délai d'exécution d'un arbitrage, de date de valeur des supports ni de limite d'arbitrage vers le fonds en euros : ces modalités sont à chercher dans la documentation du contrat. Chaque année, l'assureur communique en tout cas la valeur de rachat du contrat [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Un arbitrage est-il imposé ?

Pour l'impôt sur le revenu, non. Selon impots.gouv.fr, les gains d'un contrat d'assurance vie échappent à cet impôt tant qu'aucun rachat n'intervient ; ils deviennent imposables lors d'un rachat partiel, d'un retrait ou de la clôture du contrat [impots.gouv.fr (DGFiP), 3]. Pour le BOFiP, le fait générateur de l'impôt sur le revenu se situe au dénouement du contrat ou à son rachat partiel [BOFiP-Impôts, 7]. Service Public précise que, pendant la durée du contrat et en l'absence de rachat, les gains, intérêts et plus-values, sont exonérés d'impôt sur le revenu [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Or un arbitrage laisse l'épargne dans le contrat : il la déplace d'un support à l'autre sans la verser au souscripteur [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Pour les prélèvements sociaux, Service Public distingue les supports : sur le fonds en euros, l'assureur les retient tous les ans sur les intérêts, lors de leur inscription en compte ; côté unités de compte, ils ne deviennent exigibles qu'en cas de rachat [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. impots.gouv.fr les situe de même lors de l'inscription en compte des produits, ou lors du retrait ou du dénouement du contrat [impots.gouv.fr (DGFiP), 3]. Ce qui se passe à l'impôt lors d'un rachat relève du guide consacré à la fiscalité de l'assurance vie.

Fonds en euros ou unités de compte : ce que l'arbitrage change au risque

Arbitrer, c'est d'abord changer d'exposition au risque. Sur le fonds en euros, la valeur des sommes investies est garantie par l'assureur ; sur les unités de compte, seul leur nombre l'est, et leur valeur suit les marchés boursiers ou immobiliers de référence [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Le fonds en euros offre ainsi une garantie en capital contre un rendement faible, quand les unités de compte exposent à une perte en capital pour un rendement potentiellement plus élevé [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Un arbitrage du fonds en euros vers des unités de compte augmente donc la part non garantie du contrat. Hors fonds en euros, l'AMF observe que la plupart des unités de compte n'offrent aucune garantie sur le capital ; elle conseille de ne placer en unités de compte risquées que des sommes que l'on est certain de pouvoir laisser bloquées plusieurs années, au moins 5 ans [Autorité des marchés financiers (AMF), 2]. Elle signale aussi que, dans certains contrats, la garantie du fonds en euros s'entend hors frais de gestion [Autorité des marchés financiers (AMF), 2].

Le sens inverse, des unités de compte vers le fonds en euros, réduit la part exposée aux marchés, sans effacer une baisse déjà subie par les unités de compte vendues. Le fonds euro-croissance occupe une place à part : sa garantie, totale ou partielle selon les fonds, suppose une détention d'au moins 8 ans [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Pour comparer les fonds en euros entre eux, voir le guide du meilleur fonds en euros.

Ce qu'il faut lire dans son contrat avant d'arbitrer

Les règles d'arbitrage varient d'un contrat à l'autre, et l'AMF engage l'épargnant à lire les documents remis et à mettre les contrats en concurrence, frais compris [Autorité des marchés financiers (AMF), 2]. Quatre points méritent une lecture attentive :

  1. La liste des supports accessibles. Elle varie d'un contrat et d'un établissement à l'autre [Autorité des marchés financiers (AMF), 2]. Un contrat multisupport doit aussi proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, une labellisée Greenfin et une solidaire, sans obligation d'y investir [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].
  2. Les frais d'arbitrage, forfaitaires ou proportionnels, et ceux de chaque opération indiqués dans la brochure tarifaire et la documentation du produit [Service-public.gouv.fr (DILA), 1][Autorité des marchés financiers (AMF), 4], ainsi que les modalités des options de gestion éventuellement proposées par le contrat [Autorité des marchés financiers (AMF), 2].
  3. Le mode de gestion et, en gestion pilotée, les règles du profil retenu [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].
  4. Le document d'informations clés des supports visés, que l'AMF invite à lire avant de choisir [Autorité des marchés financiers (AMF), 2].

Les versements, rachats et avances sont expliqués dans le guide contrat d'assurance vie, et chaque type de frais dans l'article sur les frais d'assurance vie.

Projeter une assurance vie avec le simulateur PREVEST

Sur le simulateur PREVEST, les projections reposent sur un montant de départ, une durée en années et, au choix, des versements mensuels, le réinvestissement des dividendes et l'impôt [PREVEST, 6]. Au plus cinq produits y sont mis en regard ; le sélecteur de familles propose l'assurance vie, les SCPI, les ETF et les livrets [PREVEST, 6]. Aucun arbitrage en cours de contrat n'y est simulé, et les résultats, indicatifs, ne promettent aucun rendement.

Questions fréquentes

Un arbitrage change-t-il l'ancienneté fiscale du contrat ?

Service Public fait dépendre la fiscalité des rachats de deux éléments : l'ancienneté, calculée à partir de la date d'effet du contrat, et les dates auxquelles les primes ont été versées. Un arbitrage n'est ni un versement ni un rachat : il redistribue l'épargne déjà investie entre les supports du même contrat. Il ne figure donc pas parmi les éléments que Service Public retient pour calculer cette fiscalité.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]

Faut-il payer des frais à chaque arbitrage ?

Le coût dépend du contrat. Service Public décrit des frais d'arbitrage prélevés sur les sommes transférées, forfaitaires ou proportionnels à ces sommes. L'AMF invite à consulter la brochure tarifaire et la documentation du produit, notice d'information et document d'informations clés, qui indiquent les frais prélevés lors de chaque opération, arbitrage compris.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1][Autorité des marchés financiers (AMF), 4]

Qui peut arbitrer à la place du souscripteur ?

En gestion pilotée, l'assureur répartit l'épargne selon le profil choisi par le souscripteur. Les arbitrages peuvent aussi être confiés par mandat : pour les mandats conclus ou renouvelés tacitement à compter du 24 octobre 2024, l'activité d'arbitrage relève des articles L. 132-27-3 et L. 132-27-4 du code des assurances, qui exigent notamment le statut d'intermédiaire d'assurance, selon l'AMF.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1][Autorité des marchés financiers (AMF), 5]

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Sources

  1. 1. Service-public.gouv.fr (DILA) — Contrat d'assurance-vie : fonctionnement (Source officielle, publié le 25 septembre 2026, consulté le 2 novembre 2026)
  2. 2. Autorité des marchés financiers (AMF) — Investir dans une assurance-vie (page publiée le 6 avril 2022 ; dateModified 2025-06-04 dans le JSON-LD de la page) (Source officielle, publié le 6 avril 2022, consulté le 2 novembre 2026)
  3. 3. impots.gouv.fr (DGFiP) — L'assurance-vie et le PEA (Source officielle, publié le 8 avril 2026, consulté le 2 novembre 2026)
  4. 4. Autorité des marchés financiers (AMF) — Les frais des placements financiers (fiche pédagogique, PDF) (Source officielle, publié le 2 octobre 2023, consulté le 2 novembre 2026)
  5. 5. Autorité des marchés financiers (AMF) — DOC-2012-19 : guide d'élaboration du programme d'activité des sociétés de gestion de portefeuille et des placements collectifs autogérés (version modifiée le 26 mars 2026, PDF) (Source officielle, publié le 26 mars 2026, consulté le 2 novembre 2026)
  6. 6. PREVEST — Simulateur PREVEST — fonctionnement du configurateur (code du dépôt prevest-account, apps/marketing/modules/prevest/configurator/view-model/configurator.ts@3f5ffbf8, lignes 18-23 et 61-68) (Donnée PREVEST, consulté le 2 novembre 2026)
  7. 7. BOFiP-Impôts — BOI-RPPM-RCM-10-10-80 : revenus de capitaux mobiliers, produits des bons ou contrats de capitalisation et placements de même nature (assurance-vie), § 1 (Source officielle, publié le 30 juin 2022, consulté le 2 novembre 2026)

Avertissement. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article informe ; il ne constitue pas un conseil en investissement.

Méthode et responsabilité éditoriale

Sujet retenu par la Content Factory PREVEST à partir des recherches des internautes en France. Chaque chiffre, taux, date et règle de cet article est relié à une source datée ; l’article a passé des contrôles de vérification des faits, de conformité financière et de référencement avant publication.

Article produit avec l’assistance de la Content Factory PREVEST, sous la responsabilité éditoriale de Nicolas ANDRE.

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