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Assurance vie et succession : abattements, fiscalité et démarches

Par Publié le Catégorie Assurance-vieassurance-viesuccessionfiscalite

La réponse courte

Une assurance vie ne fait pas partie de la succession quand un bénéficiaire est désigné : le capital suit une fiscalité propre. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà. Après 70 ans, 30 500 € sont exonérés pour tous les contrats, puis les primes paient les droits de succession.

À retenir

  • Quand un bénéficiaire est désigné, le capital ou la rente versés au décès ne font pas partie de la succession de l'assuré.[Service-public.gouv.fr (DILA), 2]
  • Sans bénéficiaire désigné, le capital retombe dans la succession et l'avantage fiscal de la transmission par l'assurance vie est perdu.[Service-public.gouv.fr (DILA), 2]
  • Pour les primes versées jusqu'à 70 ans, chaque bénéficiaire est exonéré jusqu'à 152 500 €, puis prélevé à 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable, après abattement, et à 31,25 % au-delà.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1][BOFiP-Impôts, 6]
  • Pour les primes versées après 70 ans, 30 500 € sont exonérés pour l'ensemble des contrats de l'assuré ; au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]
  • Le conjoint marié et le partenaire de Pacs de l'assuré sont exonérés de toute imposition sur le capital reçu.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1]

Au décès d'un assuré, une assurance vie ne suit pas le chemin des autres biens : le capital va aux bénéficiaires désignés par le contrat, avec une fiscalité qui lui est propre. Ce guide, établi à partir des pages de Service Public et du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), explique ce qui sort de la succession, les deux régimes fiscaux selon l'âge des versements, l'abattement de chaque bénéficiaire et la démarche pour obtenir le capital. Il décrit les textes, il ne remplace pas l'avis d'un notaire sur une situation donnée.

L'assurance vie fait-elle partie de la succession ?

Non, dès lors qu'un bénéficiaire est désigné. Service Public l'énonce ainsi : si un ou plusieurs bénéficiaires sont désignés, le capital ou la rente versés en cas de décès ne font pas partie de la succession de l'assuré et suivent les règles particulières de la fiscalité de l'assurance vie [Service-public.gouv.fr (DILA), 2]. Le BOFiP rattache ce principe à l'article L. 132-12 du code des assurances [BOFiP-Impôts, 7].

Définition : Clause bénéficiaire

Clause du contrat d'assurance vie qui désigne la ou les personnes qui recevront le capital ou la rente après le décès de l'assuré [Service-public.gouv.fr (DILA), 3]. C'est elle qui fait sortir le capital de la succession.

L'inverse vaut aussi. Si aucun bénéficiaire n'est désigné au moment du décès, le capital ou la rente retombent dans la succession et l'avantage fiscal de la transmission par l'assurance vie est perdu [Service-public.gouv.fr (DILA), 2]. Le BOFiP précise que les sommes s'ajoutent à l'actif successoral lorsque aucun bénéficiaire n'est déterminé ou que celui-ci est décédé [BOFiP-Impôts, 7].

Sortir de la succession ne veut pas dire échapper à tout impôt. Le capital versé au bénéficiaire est taxé selon des règles propres, qui dépendent de l'âge de l'assuré au moment de chaque versement de prime ; après 70 ans, les primes au-delà de 30 500 € sont soumises aux droits de succession [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Le guide du contrat d'assurance vie résume ces règles en une section ; celui-ci les détaille.

Versements avant 70 ans, après 70 ans : deux régimes

La barre des 70 ans s'apprécie prime par prime : l'imposition dépend de l'âge de l'assuré au moment du versement de la prime [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Un même contrat peut donc relever des deux régimes, pour ses primes anciennes et pour ses primes récentes.

Primes verséesCe qui est taxéAbattementTaxation au-delà
Jusqu'à 70 ansla part recueillie par chaque bénéficiaire152 500 € par bénéficiaire20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable (après abattement), puis 31,25 %
Après 70 ansles primes seulement, les produits attachés étant exclus30 500 € pour l'ensemble des contrats de l'assuré, partagés entre bénéficiairesdroits de succession selon le degré de parenté entre bénéficiaire et assuré

Source : [Service-public.gouv.fr (DILA), 1][BOFiP-Impôts, 6][BOFiP-Impôts, 7]

Pour les primes versées jusqu'à 70 ans, l'article 990 I du code général des impôts s'applique : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis d'un prélèvement de 20 % sur la fraction de sa part taxable inférieure ou égale à 700 000 € et de 31,25 % au-delà [Service-public.gouv.fr (DILA), 1][BOFiP-Impôts, 6].

Pour les primes versées après le soixante-dixième anniversaire, c'est l'article 757 B qui s'applique. Seules ces primes entrent dans l'assiette des droits de mutation par décès, au-delà de 30 500 €, et la taxation suit le degré de parenté entre le bénéficiaire et l'assuré [BOFiP-Impôts, 7]. Les produits attachés au contrat, intérêts ou participations aux bénéfices, sont exclus de cette assiette, même ceux des primes versées après le soixante-dixième anniversaire [BOFiP-Impôts, 7]. Ils échappent aussi au prélèvement de l'article 990 I, pour les contrats souscrits à compter du 20 novembre 1991 [BOFiP-Impôts, 6].

Les contrats plus anciens obéissent à une règle particulière : pour les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991, les primes versées à compter du 13 octobre 1998 relèvent du prélèvement de l'article 990 I quel que soit l'âge de l'assuré lors du versement [BOFiP-Impôts, 6].

Quel abattement pour chaque bénéficiaire ?

Les deux abattements ne se calculent pas de la même façon. Celui de 152 500 € vaut par bénéficiaire, pour les primes versées jusqu'à 70 ans [Service-public.gouv.fr (DILA), 1]. Celui de 30 500 € vaut pour l'ensemble des contrats souscrits par l'assuré, pour les primes versées après 70 ans, et il est partagé entre les bénéficiaires [Service-public.gouv.fr (DILA), 1] au prorata de leur part dans les primes imposables [BOFiP-Impôts, 7].

Certains bénéficiaires ne paient rien : le conjoint marié ou le partenaire de Pacs de l'assuré est exonéré de toute imposition, ainsi que le frère ou la sœur sous de strictes conditions [Service-public.gouv.fr (DILA), 1].

Lorsque la clause est démembrée entre un usufruitier et un nu-propriétaire, chacun est considéré comme bénéficiaire au prorata de sa part, déterminée selon le barème de l'article 669 du code général des impôts, et l'abattement de 152 500 € est réparti entre eux dans les mêmes proportions [BOFiP-Impôts, 6].

Comment les bénéficiaires réclament-ils le capital ?

Un bénéficiaire ne sait pas toujours qu'il l'est. Toute personne peut demander à l'Agira de rechercher les contrats d'assurance vie d'une personne décédée : la demande est gratuite, accompagnée d'une copie de l'acte de décès, et l'Agira est compétente si le décès est connu depuis moins de 10 ans [Service-public.gouv.fr (DILA), 4]. Un notaire chargé de la succession peut aussi interroger le fichier Ficovie, sur demande écrite des héritiers [Service-public.gouv.fr (DILA), 4].

ÉtapeDélai ou durée
Information des assureurs par l'Agira15 jours après réception de la demande
Information du bénéficiaire1 mois après réception de la demande transmise par l'Agira
Versement du capital1 mois après réception de l'ensemble des documents
Retard de l'assureurintérêts au double du taux légal pendant 2 mois, puis au triple
Sommes non réclaméestransférées à la Caisse des dépôts 10 ans après la connaissance du décès
Recherche sur Ciclade20 ans à compter du transfert

Source : [Service-public.gouv.fr (DILA), 4]

Une fois les coordonnées du bénéficiaire connues, l'assureur doit le contacter pour lui demander les documents nécessaires au paiement, puis verser le capital dans un délai d'1 mois après réception de l'ensemble de ces documents [Service-public.gouv.fr (DILA), 4]. Au-delà, le capital non versé produit des intérêts au double du taux d'intérêt légal pendant 2 mois, puis au triple [Service-public.gouv.fr (DILA), 4].

Le bénéficiaire dispose d'un délai de prescription de 10 ans à partir du décès de l'assuré pour agir. S'il prouve avoir ignoré le décès, ce délai ne court qu'à partir du jour où il l'apprend, sans qu'aucune action soit recevable plus de 30 ans après le décès [Service-public.gouv.fr (DILA), 5]. Passé 10 ans après la connaissance du décès par l'assureur, les sommes non réclamées rejoignent la Caisse des dépôts, où elles restent récupérables via Ciclade pendant 20 ans [Service-public.gouv.fr (DILA), 4].

Que se passe-t-il si la clause est mal rédigée ?

Une clause imprécise ne fait pas perdre le contrat, mais elle peut changer qui reçoit le capital, quand et sous quel régime. Les pages officielles signalent plusieurs points de vigilance :

  • Aucun bénéficiaire valable : le capital retombe dans la succession et l'avantage fiscal est perdu [Service-public.gouv.fr (DILA), 2]. C'est aussi le cas lorsque le bénéficiaire désigné est décédé sans autre bénéficiaire prévu [BOFiP-Impôts, 7].
  • Le mot « conjoint » : dans une clause standard, il désigne la personne mariée à l'assuré au moment du décès et exclut en principe le partenaire pacsé ou le concubin [Service-public.gouv.fr (DILA), 2].
  • Une clause standard du type « mon conjoint, à défaut par part égale mes enfants vivants ou représentés, à défaut mes héritiers » oblige les bénéficiaires à fournir un acte de notoriété avant le paiement [Service-public.gouv.fr (DILA), 2].
  • Une clause nominative désigne chaque bénéficiaire par son identité complète et peut fixer une répartition ; Service Public conseille de prévoir le sort de la part d'un bénéficiaire décédé [Service-public.gouv.fr (DILA), 2].
  • Un testament ignoré de l'assureur : si l'assureur a versé de bonne foi le capital au bénéficiaire qu'il connaissait, aucun recours n'est possible contre lui [Service-public.gouv.fr (DILA), 3].

Tant que le bénéficiaire n'a pas accepté sa désignation, le souscripteur peut modifier la clause à tout moment, notamment par avenant ou par testament ; une fois acceptée, elle devient irrévocable [Service-public.gouv.fr (DILA), 3]. L'assureur envoie chaque année une information sur le contrat, mais c'est au souscripteur de vérifier que la clause correspond toujours à ses souhaits, en particulier après un changement de situation familiale [Service-public.gouv.fr (DILA), 3]. Une clause peut aussi prévoir la représentation « par suite de prédécès » ou « par suite de renonciation », et Service Public renvoie au conseil d'un notaire pour les situations complexes [Service-public.gouv.fr (DILA), 2].

Ce que la transmission ne change pas au contrat

Les règles de transmission s'ajoutent à celles du contrat de son vivant : versements, rachats et frais restent ceux du contrat choisi. Les frais prélevés chaque année réduisent le capital qui sera transmis ; le guide des frais de l'assurance vie donne les repères publiés pour les comparer. Pour estimer l'évolution d'une épargne selon ses propres hypothèses de versement et de durée, le simulateur PREVEST permet de tester plusieurs scénarios, sans préjuger de la fiscalité au décès.

Questions fréquentes

Y a-t-il des frais de succession sur une assurance vie ?

Pas de droits de succession sur le capital transmis à un bénéficiaire désigné pour les primes versées avant 70 ans : il relève d'un prélèvement spécifique, après un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Les primes versées après 70 ans subissent les droits de succession au-delà de 30 500 €. Le conjoint marié et le partenaire de Pacs ne paient rien.[Service-public.gouv.fr (DILA), 2][Service-public.gouv.fr (DILA), 1]

Les enfants paient-ils des impôts sur l'assurance vie de leur parent ?

L'imposition des enfants dépend de l'âge du parent au versement des primes. Avant 70 ans, chaque enfant bénéficiaire est exonéré jusqu'à 152 500 €, puis prélevé à 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et à 31,25 % au-delà. Après 70 ans, l'abattement de 30 500 € est partagé entre tous les bénéficiaires, et les primes au-delà sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1][BOFiP-Impôts, 6][BOFiP-Impôts, 7]

Combien de temps l'assureur a-t-il pour verser le capital au bénéficiaire ?

Un mois après réception de l'ensemble des documents nécessaires au paiement. Passé ce délai, le capital non versé produit des intérêts au double du taux d'intérêt légal pendant 2 mois, puis au triple, d'après Service Public.[Service-public.gouv.fr (DILA), 4]

Comment savoir si l'on est bénéficiaire d'une assurance vie ?

Toute personne peut interroger l'Agira, gratuitement, avec une copie de l'acte de décès, si le décès est connu depuis moins de 10 ans. L'Agira prévient les assureurs dans les 15 jours, puis l'assureur dispose d'1 mois pour informer le bénéficiaire. Passé 10 ans après la connaissance du décès par l'assureur, les sommes non réclamées rejoignent la Caisse des dépôts et se recherchent sur Ciclade.[Service-public.gouv.fr (DILA), 4]

Une nouvelle loi a-t-elle changé la fiscalité de l'assurance vie au décès ?

La page de Service Public, vérifiée le 15 avril 2026, indique 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées jusqu'à 70 ans, puis un prélèvement de 20 % et de 31,25 %, et 30 500 € pour l'ensemble des contrats après 70 ans. Le BOFiP applique ces taux à la part taxable, après abattement. Ce guide s'en tient à ces textes et ne présume d'aucune réforme postérieure.[Service-public.gouv.fr (DILA), 1][BOFiP-Impôts, 6]

Que devient l'assurance vie si le bénéficiaire est décédé avant l'assuré ?

Sans autre bénéficiaire prévu par la clause, les sommes s'ajoutent à l'actif successoral, selon le BOFiP : la représentation d'un bénéficiaire prédécédé ne joue pas d'elle-même. Seule une clause qui prévoit expressément la représentation « par suite de prédécès » permet aux héritiers du bénéficiaire désigné de recevoir le capital à sa place.[BOFiP-Impôts, 7][Service-public.gouv.fr (DILA), 2]

Passer à votre propre calcul

Sources

  1. 1. Service-public.gouv.fr (DILA) — Impôt sur le revenu - Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ? (Source officielle, publié le 15 avril 2026, consulté le 19 octobre 2026)
  2. 2. Service-public.gouv.fr (DILA) — Contrat d'assurance-vie : souscription (Source officielle, publié le 8 octobre 2026, consulté le 19 octobre 2026)
  3. 3. Service-public.gouv.fr (DILA) — Peut-on changer la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie ? (Source officielle, publié le 25 septembre 2026, consulté le 19 octobre 2026)
  4. 4. Service-public.gouv.fr (DILA) — Assurance-vie : comment savoir si on est bénéficiaire d'un assuré décédé ? (Source officielle, publié le 8 octobre 2026, consulté le 19 octobre 2026)
  5. 5. Service-public.gouv.fr (DILA) — Quel est le délai de prescription applicable aux actions liées à un contrat d'assurance-vie ? (Source officielle, publié le 8 octobre 2026, consulté le 19 octobre 2026)
  6. 6. BOFiP-Impôts — BOI-TCAS-AUT-60 : prélèvement sur les sommes versées par les organismes d'assurance en cas de décès de l'assuré (article 990 I du CGI) (Source officielle, publié le 30 mars 2023, consulté le 19 octobre 2026)
  7. 7. BOFiP-Impôts — BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 : droits de mutation par décès, cas particulier des contrats d'assurance (article 757 B du CGI) (Source officielle, publié le 30 mars 2023, consulté le 19 octobre 2026)

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